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20/04/2009

la chute de Constantinople

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Lors du siège de Constantinople qu’est-ce qu’ils faisaient ? Ils étaient en réunion pour discuter du sexe des anges !


Le sexe des anges je ne sais si on l’a trouvé depuis … quoique, si je me rappelle bien Gabriel, l’Archange, comme par hasard, a pu annoncer à Marie qu’elle allait mettre au monde un fils ; comment le savait-il ?


Moi, on m’a dit qu’on les avait vus souvent ensemble et qu’elle lui donnait du « mon cher ange » à tout propos… alors ?


Mais cela ne nous regarde pas.





-§-




A propos d’anges devenus démons je vais vous conter l’histoire des anti-TGV avant de revenir à Constantinople…


Les anti-TGV (qui n’acceptaient pas le tracé décidé par l’état et la SNCF pour la ligne Sud-est) nous ravageaient toute la région : c’était, un ramassis de personnes d’habitude calmes d’origine très différentes :


de gros bourges ayant leur résidence pas secondaire, mais tertiaire ou x-iaire « en pays d’Aix au mètre carré, ma chère, aussi cher qu’à Paris… si… si ! »,


de gros viticulteurs aux AOC et côtes dorées («en caves particulières d’Aix, du Rhône… vous voyez »),


mais aussi de maigres producteurs de melons (« de Cavaillon…con ! » ; « T’en veux un sur la tronche ! »)

et enfin de retraités, desséchés au soleil, déjà installés le long de la voie ferrée devenue obsolète (« rapport à ce que c’était moins cher, là, Monsieur, rapport au bruit… » ; « C’est vrai, on est sourds, mais quand même, le TGV… ! »)


C’était l’ancien régime faisant donner les manants contre les substructures du chemin de fer. Bourges « césannisés » et hauts couturiers en vin rameutaient la troupe, fournissaient conseil et intendance mais observaient les combats à la lorgnette… à défaut d’avoir le courage, ils avaient le vice !


L’armée des gueux était elle très mobile, très motivée, elle courait sur les voies, de jour, de nuit, y manoeuvrait signaux et aiguillages, y déposaient des déblais, des melons (con !), y allumaient des feux, ou s’y regroupaient en bandes et banderoles.


Ce gentil remue-ménage ne nous ménageait pas du tout.


Nous sur le terrain nous n’avions ni moto trial ni 4/4 pour grimper sur les ballasts, ni moyens autonome d’éclairage, ni radios assez efficaces pour retrouver et observer les protestataires.


Quant à nos supérieurs, en cellule de crise à la préfecture, ils « crisaient » de passer vêpres, laudes et matines à attendre des informations sur les déplacements des anti-TGV, sur l’issue des engagements des gendarmes mobiles et surtout sur la physionomie du trafic ferroviaire… passé, avant l’heure, de rapide ou express à la TGV (entendre : très grande vulnérabilité).


Les usagers répandus sur les voies, excédés, faisaient assez souvent déguerpir les coalisés, résultat que n’arrivaient pas à l’obtenir les forces de l’ordre qui arrivaient après la bataille…


Les clients de la SCNF en déroute se retournaient alors contre les gendarmes mobiles… on déraillait complètement !


Présent à la cellule de crise, j’y côtoyait Préfet, Secrétaire Général, Directeur de Cabinet, Commandants des CRS, des Gendarmes Mobiles, des Pompiers, Colonel de Gendarmerie, Directeur Régional de la SNCF… tout le gratin des chefs de service suspendu aux crachotements des radios et au cliquetis des télex…


On me fit vite comprendre que « l’on était un peu juste en renseignement prévisionnel » et que « cela indisposait… »… c’était le Directeur de Cabinet qui s’épanchait ainsi vers moi, « amicalement ».


J’expliquais les difficultés techniques auxquelles étaient confrontés mes gars sur le terrain, on compatit poliment mais sans plus et le colonel de gendarmerie profitait à plein de notre hémiplégie pour mettre en valeur les quelques tuyaux qui lui parvenaient.


Au bout d’un moment j’en eus ma claque (à tous les sens du terme) et je décidais de rejoindre mes fantassins pour une meilleure édition du Courrier du Rail en emportant le matériel haut de gamme réservé à notre section anti-terroriste (lunettes de vision nocturne, scanner…).


Le pépé tremblotant, ancien concierge à Nanterre, mobilisé pour un dernier combat anti-TGV, serait bien surpris d’apprendre être promu ennemi public patenté dans l’activisme international… peu importe, la ligne desservait bien l’Europe et les trublions terrorisaient bien la préfecture !


Je demandais à un commissaire en stage dans mon service de me remplacer auprès des sommités. Promu après une longue carrière d’inspecteur à la très virile PJ, il avait quelques difficultés à se familiariser avec les finasseries et les « cabiniaiseries » des RG.


Je lui expliquais donc qu’il lui faudrait transmettre les renseignements à l’interlocuteur le plus important du dispositif, le préfet s’il était là, le secrétaire général sinon, le directeur de cabinet à défaut. Je lui rappelais surtout qu’il ne devait pas être coiffé sur le poteau par les gendarmes…


« Pas de problèmes, j’assurerai !T’inquiètes ! »


Je rejoignais donc la partie géante de colin-maillard, cache-cache et train-prisonnier réunis qui se jouait en rase campagne et sitôt arrivé diffusait, quasiment en continu, nouvelles fraîches et détaillées à destination de mon collègue en cellule de pénitence.


Quelques heures après, quand mes poilus furent rompus à l’usage des merveilles techniques dont je les avais dotés, je décidais de rejoindre le palais du gouverneur pour récolter les lauriers que notre efficacité et notre mérite évidents avaient dû y préparer.


En sueur, je fus fraîchement accueilli (ce qui n’est pas bon : risque de congestion), accueilli, dis-je, par le pinacle à peine modifié (le préfet était décidemment absent, le secrétaire général présidait la crise, le colonel avait renforcé son état major sur place, tiens !).


« Ah, bonjour monsieur le commissaire, on va peut-être, grâce à vous, avoir des renseignements de votre service… heureusement qu’il y avait le Colonel de Gendarmerie ! » me lança sur un ton de reproche passablement hautain le plénipotentiaire secrétaire général.


Je vis aussi un œil mauvais s’allumer dans l’orbite « énarclué » du directeur de cabinet qui, par principe, ne nous aimait pas (c’était son droit…)
Je livrais donc, la gorge serrée, les dernières nouvelles du front, les chiffres, l’état d’esprit de nos protagonistes avec, en bonus, le paysage et l’ambiance, (n’oubliant ni le chant des grillons, ni la déroute des hérissons !)


Le colonel tenta quelques interventions que j’interrompis sèchement par des :

« Moi qui vient du terrain je peux vous dire que… » sur lesquels il ne pouvait pas surenchérir…


Le secrétaire général me remercia avec un peu plus de chaleur et je rejoignis mon commissaire stagiaire que je trouvais en pleine dépression, près de l’abandon de carrière !


Il me conta les choses de la manière suivante :


« Dès que j’ai voulu donner au préfet ou au secrétaire général les messages que tu m’envoyais, le directeur de cabinet s’est interposé et m’a demandé de les lui fournir et à lui seul.


Soit il oubliait d’en parler “au-dessus”, soit il le faisait sans dire que c’était notre production.


Le colonel, lui, se montrait particulièrement zélé et renseignait directement le préfet ou le secrétaire en ajoutant parfois : « les RG ne vous ont pas dit que… » parfois même pour des infos à nous que le directeur lui avait montrées… »


La fatigue accumulée faisant mauvais ménage avec la colère, je pris la pile des doubles des messages que mon intérimaire avait eu la sagesse de garder et je rejoignis le SG en conversation avec le colonel. Le directeur de cabinet emboîta instinctivement mes pas car, connaissant mon tempérament, il se doutait que la vraie bataille du rail allait débuter. Il ne fut pas déçu.


J’agressais véritablement les deux hauts responsables, ignorant le béni oui oui à cinq galons.


« Comment avez-vous pu dire ou laisser dire en public que les RG n’avaient pas assuré alors que j’ai ici le chrono minute par minute de tout ce qui a été communiqué à monsieur le directeur… »


« Ce n’est pas de notre faute si celui-ci n’a pas fait son travail par – j’essaye de le croire- négligence et si la gendarmerie à voulu nous enfoncer à bon compte… notre mission a été assurée, et avec efficacité, compte tenu des circonstances et du matériel, je peux le prouver devant qui que ce soit.


D’ailleurs je vous demanderai, monsieur le secrétaire général, de rendre compte de cet incident à monsieur le préfet. »


Le directeur de cabinet palissait voyant sa côte baisser à cause de ces … de RG et le colonel tentait des « mais non, mais non, cher ami, au contraire nous avons tous apprécié une très bonne collaboration avec vos services …»


Je ne quittais plus les lieux jusqu’à la fin du maintien de l’ordre, l’ambiance y était tendue mais seulement professionnelle… c’est tout ce que je demandais.


Le lendemain je fus reçu par le préfet, homme très fin et très connaisseur de la nature humaine : il ne parla pas de l’algarade et je fus obligé de l’évoquer devant lui comme je l’ai fait devant vous.


Je vis très vite qu’il avait été informé de celle-ci en par le menu (le secrétaire général était d’ailleurs très menu…)… le taulier, dis-je, me confia que la plus grande difficulté, dans ce type de conformation en cellule de crise, est de casser « les mauvais réflexes corporatifs, carriéristes et hiérarchiques » qui y prospèrent et qui peuvent mettre à mal des efforts consentis sur le terrain.


Il me dit même : « de temps en temps on a l’impression qu’on souffre de la maladie d’Elsheimer : la perception est assurée, la prise de décision possible, mais le courant se perd au long des synapses ! »


On parla enfin de ces animaux préhistoriques attaqués par de grands fauves et qui, du fait de la lenteur ou de l’approximation de leur relais nerveux, ne sentaient la douleur que plusieurs minutes après la première blessure… ils étaient alors à moitié dévorés !


« Rassurez-vous, monsieur le commissaire, on n’a pas été dévoré et je vous en remercie à la hauteur de votre contribution plus que méritante ; je vous remercie aussi de votre « sortie » : je crois que çà n’a pu leur faire que du bien pour l’avenir. »




-§-




Bref, ils étaient bien en réunion à Constantinople, sur le sexe des anges, alors que tout croulait autour d’eux !


On n’en n’a pas tiré les leçons, bien au contraire, et cette manie a perduré au cours des époques à telle enseigne que pour signifier de nos jours que quelqu’un n’est pas immédiatement accessible on dit : « il est en réunion », en ne se donnant pas même le mal d’y ajouter un accent de sincérité.


Dans ces lieux névralgiques (mais atteints de névralgie) les informations réalistes ne parviennent plus aux emmurés des conclaves de l’urgence qu’après maint relais, filtrages, « rewrittages ».


Sur la porte d’entrée il y a en effet écrit en lettres définitives : « ne pas déranger car nous sommes en réunion …».


Cette consigne, cet ordre, servent de repoussoir à tout ce qui pourrait être mal dégrossi, hors hiérarchie, non recoupé, non analysé, non remis dans le contexte… et pourtant si vivant, si utile !


En symétrie : « On leur dira après » devient le réflexe de la base laissée seule sur le théâtre des opérations, débordée et critique vis-à-vis de ses chefs « dévoreurs de petit fours à l’ombre (ou « au chaud » selon la saison) »


Et Constantinople n’en finit pas de chuter !


Quelquefois, à la fin de la réunion de crise, on annonce l’arrivée d’une haute personnalité qui vient se rendre compte précisément « de l’efficacité du traitement de la crise… ».


Alors, vite, on programme une nouvelle réunion et on convoque à nouveau les donneurs d’ordres, les sous donneurs d’ordres, qui viennent de quitter la salle.


On rameute aussi une bonne partie de la base, jusque-là sur le terrain, pour exécuter désormais des taches aussi importantes que servir de suite à la personnalité ou surveiller les alentours de ce nouveau colloque.


A la fin de ces cycles de concertation « crisantes » de grosses surprises peuvent attendre les participants : les données sur lesquelles ils ont doctement disserté sont maintenant bouleversées, rendant inadaptées les décisions prises collégialement sous les lambris.


Que faire ? … une autre réunion ?


Parfois même la conjoncture et encore plus sévère :


Ainsi à Constantinople, à la réunion, le sexe de l’ange est apparu pour la première fois non dissimulé, incontournable, brut et offensant dans sa présentation, mais c’était trop tard !




-§-




« Au secours, il est maudit et en rut : c’est Belzebuth !»


L’ange leur apprend que leur civilisation a disparu, qu’ils ne sont plus rien, qu’ils gisent dans la fange, le cou rompu.


Ils quittent leurs bancs dans la confusion et la consternation.


Recueillons ici le dernier souffle de l’estafette de Constantin XII arrivée à la porte de la cellule de crise :


Il s’effondre alors au pied du sbire qui garde l’entrée, ce dernier demande :


- « Qui êtes vous ? »


- « Je suis l’estafette de Constantin XII, on n’a pas réussi à joindre jusque-là les généraux qui sont ici en réunion, c’est urgent ! »


Le sbire consultant sa liste :


- « Vous n’êtes pas sur la liste des personnes prévues à la réunion, vous ne pouvez pas entrer… »


Au même moment les participants à la réunion, les yeux encore impressionnés par le sexe de l’ange et les oreilles ébaudies par ses révélations, sortent et butent sur le corps agonisant de l’estafette qui murmure sans que personne ne l’écoute :


« Mehmed II entre actuellement dans la Constantinople, il est escorté de trente mille mahométans. Je « viens d’apprendre que Constantin XII se serait réfugié dans la Basilique Saint Sophie « entouré de quelques guerriers courageux, il serait blessé, non, occis ! J’entends de partout « des cris, des crépitements, on dit que les femmes sont violées, les hommes égorgés… çà « s’approche ! Ils sont trop forts ces Turcs ! »


Quelqu’un voit le pauvre homme gisant et dit :


« Qui est-ce ? »


Le sbire répond :


« Estafette… ? »


Le premier rétorque vivement à l’endroit du sbire :


« Malotru de sbire
(c’est du turc et çà veut dire approximativement : “on n’a pas gardé les raloufs ensemble !”),


“Reste à ta place, sinon tu vas entendre parler de moi, non mais… ! »




-0§0-

07/04/2009

homo politicus

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Quelle pitié que les politiques…qui se croient assez forts pour gouverner le monde avec des écus de cinq francs et des gendarmes !

LACORDAIRE (lettres à Madame de la Tour du Pin)


Il avait créé un nouveau parti, dans la majorité toujours mais au centre, un de plus ; ils le lui avaient bien dit :
« Tu devrais rester avec nous, tu vas avoir très peu d’adhérents ou de sympathisants, tout le monde grenouille dans ce marais… »
Il s’en était moqué complètement, pensez, il était ministre et, mangé d’une ambition sans bornes, il comptait bien finir premier ministre ou président de la république…

Nous, maladroitement, nous commencions une petite enquête pour décrire cette structure, ses statuts, son bureau, son programme et son audience…
Pour les besoins de cette entreprise, nous sollicitions donc rendez-vous avec cette éminente personnalité. Nous le connaissions bien pour l’accompagner sur son département, et aussi le notre, presque tous les week-ends pour ses tournées politiques…
Normal, il était maire d’un chef lieu d’arrondissement et vice-président du conseil général et surtout secrétaire d’état auprès du ministre des affaires étrangères… postes à l’époque menacés par une ultra-gauche internationale et criminelle.

Je reçus, en guise de réponse, une communication de mon chef de Paris m’interrogeant sur l’idée baroque que j’avais eue d’enquêter sur un parti créé par un membre du gouvernement… :
« Recentrez-vous plutôt sur l’opposition, il y a de quoi s’exprimer et çà intéresse en haut lieu. Là, vous les intriguez pour rien… et ils se demandent à quel jeu on joue… »

Je m’inclinais, presque respectueusement, avec un petit bémol sur l’éclectisme et la cohérence de notre travail :
« Bien, monsieur le directeur central, mais vous n’aurez rien pour répondre à une question sur ce parti, il n’existera pas dans nos archives au plan local comme national… »

« On s’en moque bien… on sera toujours apte à rattraper plus tard la maille filée… », me répondit-il.

Je vaquais donc à d’autres occupations et, quelques mois plus tard, je m’aperçus à peine que notre secrétaire d’état organisait l’assemblée générale de son parti dans son chef-lieu d’élection. Je décidais même de ne pas m’y rendre (j’étais cordialement invité) et de ne pas y envoyer d’inspecteurs, pour ne pas avoir « l’air de jouer…à je ne sais quoi ».

Le lendemain, dans la presse locale et sur un rapport de gendarmerie, j’appris que trois ministres (dont le premier ministre) avaient décidé, au dernier moment et avec le moins de remue-ménage possible, d’honorer de leur présence cette assemblée. Mais ce qui m’étonna le plus c’était le nombre de participants relevés par les pandores : plusieurs centaines ! Je téléphonais donc au commandant de compagnie qui me confirma la chose :

« Oui, oui, ils étaient nombreux, mais presque pas de gens d’ici… »

Quelques temps après le scandale éclatait : la très haute personnalité était crucifiée en place publique par les médias pour avoir, pour mieux garnir l’auditoire de ce fameux congrès, embauché des intermittents du spectacle et des chômeurs rémunérés à la journée… une claque mercenaire ! Et une claque dans la gueule en prime !

Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que si nous avions effectué la petite enquête de routine, comme au lancement de chaque parti politique, notre religion aurait été faite et les VIP auraient décliné la manifestation priée… en gros, ils lui auraient dit : « ton truc est creux comme navet d’hiver »… là ils se sont tapés le navet et les vers !

J’eus le triomphe modeste : on ne tire pas sur l’ambulance… mon patron n’appréciant que très modérément d’avoir tort et la carrière notre « popol y tique » ayant pris une sérieuse torpille dans la soute…
Ancien préfet, ancien député, ancien ministre, (pas mon patron : mais l’autre, quoique …) il est toujours maire de son patelin, l’andouille, et pond régulièrement des cacas nerveux le rendant quasiment infréquentable.

Le dernier en date est de chercher à priver sa belle mère, devenue veuve, de sa part de la fortune de son père au motif que, plus jeune que son mari, elle ne l’aurait pas sincèrement aimé…
Elle aurait joué, selon lui, un rôle de composition : on reconnaît là le flair d’un producteur désormais fauché : il est vrai que le moindre clip, le moindre court métrage coûte très cher, alors la prestation du congrès et quelques autres coproductions ou achats…


Non, cette pantalonnade m’a beaucoup instruit, pensez :

Et si les adhérents et sympathisants n’étaient qu’acteurs et figurants, permettant au premier rôle d’être mis en valeur dans la grande comédie de la politique ?

Nous, les simples citoyens ne serions que les spectateurs, payant pour les premiers rôles, pour les autres acteurs, pour les figurants, pour les décors, pour l’auteur, pour le souffleur, la femme de ménage et la dame-pipi mais aussi pour le toit et les murs du théâtre, la billetterie, l’éclairage et le chauffage de tous etc.

Je revoyais au journal officiel, les longues listes des partis politiques bénéficiaires de l’argent des contribuables, les sommes incroyables qui sont ainsi distribuées. Je pouvais même y apprendre que tel ou tel parti ouvertement indépendantiste y était largement gratifié ! (Un peu comme si un acteur disait devant la rampe « Public, je te hais ; théâtre tu es le dernier des lieux à fréquenter ! »)

Allez, c’est l’entracte, je sors et je vais pouvoir fumer, je laisse tomber la pièce, trop nulle encore une fois ! Y retournerai-je à ce fichu théâtre ?

Oui, probablement, car je ne puis pas me désabonner et que je paye.
Les publics des vrais théâtres ont, eux, bien de la chance.