Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/08/2009

piperade et ratatouille...

quatre saisons.jpg

J’ai fait cette nuit un rêve curieux : j’arrivais, cagoulé et armé, sur la place d’un marché paysan de la région et je braquais un stand de fruits et légumes ; j’emportais dans des sacs de sport, des framboises, des olives, des tomates et même des pommes de terre ramassés à la hâte à même l’étal. (Puis je détallais !)

En me levant, je m’interrogeais bien sûr… on le ferait à moins !

Est-ce parce que radios et télés nous rabattent les oreilles ces temps-ci sur les malheurs des planteurs de choux à la mode de chez nous ?

Les pauvres… ils vont devoir rembourser à l’Europe des tas de primes qu’ils n’auraient pas dû recevoir !

Ah, bon, ils ne remboursent plus ? Plus tard ? Pas toutes ? Je t’embrouille ! Quelle ratatouille !

Ils sont choqués et dans la misère… qu’à cela ne tienne : on leur donne quelques millions d’euros tout de suite en guise de cellule psychologique ! (Qui “on” ? Vous, moi qui ne pouvons pas acheter leurs fruits et légumes vendus à prix d’or dans les grandes surfaces et même au bord des routes quand ils se donnent le mal de les commercialiser eux-mêmes !)

Pourtant il faut manger au moins cinq fruits et légumes par jour… qu’ils disent les éclairés qui décident pour nous… çà y est j’ai compris pourquoi j’ai eu ce rêve : la frustration, l’instinct de survie ! Quelle piperade !

Oui, c’est bon, on payera volontiers plus d’impôts  pour rembourser leurs primes, pour calmer leur si légitime colère… (Bonnes courges que nous sommes). Envoyez c’est pesé bon poids !

Vous le méritez : vous nous donnez de bons légumes et fruits bien sélectionnés pour votre seul profit au détriment du goût et de la diversité des espèces, remplis de pesticides, bien ramassés verts, bien mûris artificiellement après avoir été gardés au frigidaire. Cerise sur le gâteau (celle-là est gratuite) : vous nous offrez aussi des produits normaux dits bio au cours de l’or !

Soyez reconnaissants pour notre geste, si sympathiques producteurs, transitaires, vendeurs de fruits et légumes : promettez-nous d’embaucher un peu plus encore (et au noir comme d’habitude) nos enfants pour pouvoir nous refaire en famille… dites-nous où vous allez jeter vos fruits et légumes la prochaine fois que vous voudrez conserver leurs prix bien hauts… nous irons picorer ce que nous ne pourrons plus du tout aborder dans vos si attrayants marchés paysans et autres gondoles d’abondance !

Quant à vous les grosses légumes, il va falloir vous mettre au frais (pas en frais, rassurez-vous) car je crois que vous pourrissez par la queue !

26/07/2009

sanglots d'un bon père de famille

SARKO§BERLU.jpg

 

Chaque jour se lève avec sa nouvelle cohorte de fermetures d’usines, de délocalisations, de licenciements, de nouvelles factures à régler pour aider les donneurs d’emplois, (l’automobile, les banques, les entreprises) pour les partis politiques, pour l’écologie, pour le « rayonnement de la France », pour la « pacification du monde », pour des sports que vous n’aimez pas, pour de «l’art » que vous n’aimez pas etc.… vous payez pour les tricheurs, pour les vandales, pour les huns et pour les autres.

Qu'y faire ? Rien, çà fait partie de la vie et des budgets de la nation ou des collectivités locales…

Même en période de crise ?

Et bien oui ! on continue… C’est donc normal qu’il y ait une croissance exponentielle des chômeurs, que les entreprises, plus que jamais, foutent le camp à l’étranger ou ferment pour satisfaire leurs actionnaires.

 

Normal que l’état s’endette de plus en plus et vous endette : « vous reprendrez donc encore un petit emprunt ? », « vous vous mangerez bien aussi une petite augmentation du gaz, de l’électricité, de l’essence, du tabac, des tarifs publics ? »

Alors « en bon père de famille » (notion typiquement française et d'ailleurs consacrée par notre droit) vous vous arrachez les cheveux…

 

A ce train (tiens, il a augmenté aussi) votre budget est amputé, s’amputera jusqu’à la portion congrue, (çà y est je l’ai placé ce vilain mot… normal, je suis en colère)… en plus il faudra rembourser les prêts signés, en votre nom, par l’état.

« Mais je vais à la banqueroute ? » cauchemardez-vous…

« Non, nuance, vous faites aux banques route et même autoroute, çà mérite quelques sacrifices et sur plusieurs générations ! » vous répondent les Midas et Ubus, nos actuels« bons pères de famille » à tous, les Sarkozy, les Berlusconi…etc.

« Mais mes bons seigneurs, on pourrait au moins supprimer ou restreindre les factures ordinaires (ne plus donner de l’argent aux partis politiques par exemple… je ne les aime pas) ; moi quand je n’ai plus de sous, je ne vais plus au cinéma, au restau, en vacances… » tentez-vous de dire.

« Ah le rustre, l’imbécile, il veut gérer la France, l’Europe et le monde comme une famille ! Taisez-vous, vous ne savez  pas gouverner ! »

Alors, pour entretenir la conversation vous avancez :

 

«Puisqu'il ne faut pas être de bons pères de famille, gérons hard : on pourrait essayer de se débarrasser de nos créanciers (grands groupes internationaux, fonds de pension, trésor américain) comme les gouvernants avaient coutume de le faire sous l’ancien régime, (rappelez-vous : les templiers, les lombards, les…)

 

S'il n'y a plus de créanciers, il n'y aura plus de dettes. »

Vous sous entendrez alors répondre : « Vous nous faites beaucoup de peine, ce sont nos amis, donc les vôtres… par ma grande gidouille !"

 

Peut-être même on vous dira :

 

"Allez, casse-toi pauvre con, travaille plus pour payer plus !"

 

Alors, étonné, mais toujours inspiré par la grande gidouille, vous murmurerez :

 

"Pourtant quelqu'un m'a dit que tu m'aimais encore... snif !"

 

 


20/07/2009

au sujet des bagages mous

dynamo.jpg

 

 

Belle prestance, les cheveux argentés, fournis, un peu longs, à l'artiste, mais rangés bien proprement vers l'arrière, la silhouette décidée, dans un alpaga sombre et croisé, c'était une haute personnalité internationale venue d'un pays ami (ils le sont tous à les entendre jusqu'à ce que l'on soit en guerre avec eux).

 

Il avait conjugué l'amitié jusqu'à l'acceptation du couvert et du gîte chez un grand de notre république possesseur d'un pied-à-terre (de pas mal de pieds de terre) dans le fin fond de notre province ensoleillée.

 

Le visiteur portait la phrase haute et bien timbrée à l'accent seulement résiduel (montrant que l'on peut savoir parler autrement que français et pour autant parler français).

 

Il avait la dent claire, bien ravalée, dans un sourire aussi automatique que pour d'autres l'est  clignement de paupière ; l'homme était pourtant dans son pays un monstre sacré, « tueur » infatigable d'adversaires politiques.

 

Il jaillissait maintenant de la cocarde à quatre roues de son commensal au pied de l'escalier à double révolution (Ici d'ailleurs, on s'en doute, l'escalier était le seul révolutionnaire).

 

La valetaille s'affairait autour de ses bagages, attache case, serviettes de cuir fauve distendues par la raideur des dossiers, valises signées en pleine peau...

 

Soudain, de cet impedimentum, ils extraient la chose : une sorte de sac de sport, très long, cylindrique, mais désespérément mou (en fait, pas de sport du tout, ou de contorsionniste).

Ses deux anses, trop centrales, une fois agrippées luttaient bêtement contre la gravité du bissac bizarre donnant au tout un air de banane cuite saisie par le milieu.

 

Dali, la voyant, se serait exclamé : « ceci est l'antiphrase psychédélique et molle de la transmutation politique !»

 

Plus prosaïquement et par une confidence du chauffeur de cet euro master, nous apprîmes que le bagage issu du surréalisme des mieux inspirés était... le traversin de plume du boss. (Pas du gosse)

 

Pauvre chéri, le « tueur » ne supportait paraît-il aucun autre polochon et n'acceptait plus de recenser en nuits blanches ses déplacement obligés. Il avait donc fait exécuter sur mesure et en maroquinerie d'art cet étui dissimulant son péché de mollesse et sa familiarité avec les acariens (acariens et acariennes, la faute à qui donc ?)

 

Madame, à ce qu'on nous a dit, les lui offrait et en gardait un deuxième, de la même plume... (Et elle s'y connaissait en plume !)... « Mais cela ne nous regarde pas », avons-nous  précisé tout de suite au grand remisier, étant discrets par devoir et par nature.

 

La morale de cette affaire ? Vous choisirez :

 

Soit, pessimistes, vous vous rappellerez que Néron fit exécuter un esclave pour avoir oublié un pétale de rose entre le deuxième et le troisième matelas de sa litière et avoir ainsi troublé la nuit de son maître.

Soit, optimistes, vous retiendrez seulement qu'en cas de friction prolongée entre le dur et le mou, c'est toujours le dur qui perd de la matière (les vélocipédistes le savent bien : la tête de la dynamo en acier s'use plus que le latex du pneu).

 

Allez, salut, je quitte la plume !