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07/04/2009

homo politicus

homo politicus.jpg

Quelle pitié que les politiques…qui se croient assez forts pour gouverner le monde avec des écus de cinq francs et des gendarmes !

LACORDAIRE (lettres à Madame de la Tour du Pin)


Il avait créé un nouveau parti, dans la majorité toujours mais au centre, un de plus ; ils le lui avaient bien dit :
« Tu devrais rester avec nous, tu vas avoir très peu d’adhérents ou de sympathisants, tout le monde grenouille dans ce marais… »
Il s’en était moqué complètement, pensez, il était ministre et, mangé d’une ambition sans bornes, il comptait bien finir premier ministre ou président de la république…

Nous, maladroitement, nous commencions une petite enquête pour décrire cette structure, ses statuts, son bureau, son programme et son audience…
Pour les besoins de cette entreprise, nous sollicitions donc rendez-vous avec cette éminente personnalité. Nous le connaissions bien pour l’accompagner sur son département, et aussi le notre, presque tous les week-ends pour ses tournées politiques…
Normal, il était maire d’un chef lieu d’arrondissement et vice-président du conseil général et surtout secrétaire d’état auprès du ministre des affaires étrangères… postes à l’époque menacés par une ultra-gauche internationale et criminelle.

Je reçus, en guise de réponse, une communication de mon chef de Paris m’interrogeant sur l’idée baroque que j’avais eue d’enquêter sur un parti créé par un membre du gouvernement… :
« Recentrez-vous plutôt sur l’opposition, il y a de quoi s’exprimer et çà intéresse en haut lieu. Là, vous les intriguez pour rien… et ils se demandent à quel jeu on joue… »

Je m’inclinais, presque respectueusement, avec un petit bémol sur l’éclectisme et la cohérence de notre travail :
« Bien, monsieur le directeur central, mais vous n’aurez rien pour répondre à une question sur ce parti, il n’existera pas dans nos archives au plan local comme national… »

« On s’en moque bien… on sera toujours apte à rattraper plus tard la maille filée… », me répondit-il.

Je vaquais donc à d’autres occupations et, quelques mois plus tard, je m’aperçus à peine que notre secrétaire d’état organisait l’assemblée générale de son parti dans son chef-lieu d’élection. Je décidais même de ne pas m’y rendre (j’étais cordialement invité) et de ne pas y envoyer d’inspecteurs, pour ne pas avoir « l’air de jouer…à je ne sais quoi ».

Le lendemain, dans la presse locale et sur un rapport de gendarmerie, j’appris que trois ministres (dont le premier ministre) avaient décidé, au dernier moment et avec le moins de remue-ménage possible, d’honorer de leur présence cette assemblée. Mais ce qui m’étonna le plus c’était le nombre de participants relevés par les pandores : plusieurs centaines ! Je téléphonais donc au commandant de compagnie qui me confirma la chose :

« Oui, oui, ils étaient nombreux, mais presque pas de gens d’ici… »

Quelques temps après le scandale éclatait : la très haute personnalité était crucifiée en place publique par les médias pour avoir, pour mieux garnir l’auditoire de ce fameux congrès, embauché des intermittents du spectacle et des chômeurs rémunérés à la journée… une claque mercenaire ! Et une claque dans la gueule en prime !

Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que si nous avions effectué la petite enquête de routine, comme au lancement de chaque parti politique, notre religion aurait été faite et les VIP auraient décliné la manifestation priée… en gros, ils lui auraient dit : « ton truc est creux comme navet d’hiver »… là ils se sont tapés le navet et les vers !

J’eus le triomphe modeste : on ne tire pas sur l’ambulance… mon patron n’appréciant que très modérément d’avoir tort et la carrière notre « popol y tique » ayant pris une sérieuse torpille dans la soute…
Ancien préfet, ancien député, ancien ministre, (pas mon patron : mais l’autre, quoique …) il est toujours maire de son patelin, l’andouille, et pond régulièrement des cacas nerveux le rendant quasiment infréquentable.

Le dernier en date est de chercher à priver sa belle mère, devenue veuve, de sa part de la fortune de son père au motif que, plus jeune que son mari, elle ne l’aurait pas sincèrement aimé…
Elle aurait joué, selon lui, un rôle de composition : on reconnaît là le flair d’un producteur désormais fauché : il est vrai que le moindre clip, le moindre court métrage coûte très cher, alors la prestation du congrès et quelques autres coproductions ou achats…


Non, cette pantalonnade m’a beaucoup instruit, pensez :

Et si les adhérents et sympathisants n’étaient qu’acteurs et figurants, permettant au premier rôle d’être mis en valeur dans la grande comédie de la politique ?

Nous, les simples citoyens ne serions que les spectateurs, payant pour les premiers rôles, pour les autres acteurs, pour les figurants, pour les décors, pour l’auteur, pour le souffleur, la femme de ménage et la dame-pipi mais aussi pour le toit et les murs du théâtre, la billetterie, l’éclairage et le chauffage de tous etc.

Je revoyais au journal officiel, les longues listes des partis politiques bénéficiaires de l’argent des contribuables, les sommes incroyables qui sont ainsi distribuées. Je pouvais même y apprendre que tel ou tel parti ouvertement indépendantiste y était largement gratifié ! (Un peu comme si un acteur disait devant la rampe « Public, je te hais ; théâtre tu es le dernier des lieux à fréquenter ! »)

Allez, c’est l’entracte, je sors et je vais pouvoir fumer, je laisse tomber la pièce, trop nulle encore une fois ! Y retournerai-je à ce fichu théâtre ?

Oui, probablement, car je ne puis pas me désabonner et que je paye.
Les publics des vrais théâtres ont, eux, bien de la chance.

26/03/2009

bug identitaire...

lesbullesweb.jpg

Le visage, la silhouette, l'apparence... si importants dans la vie relationnelle, sont, tout le monde le sait, primordiaux dans la vie policière... Identifier, reconnaître, décrire... préoccupations constantes de ce métier ont toujours conduit à utiliser au mieux tous les moyens scientifiques et techniques du moment (portrait parlé, portrait-robot, photographie, cinéma, vidéo, reconnaissance de l'iris, d'un doigt etc).

Mais a-t-on pensé qu'un jour un bug de l'identification puisse survenir ?

- Oh là TDB, tu es bien docte d'un coup ?

- Non, pas vraiment, car le dessin, cool, est de moi… et j'aurais pu vous présenter ma thèse comme un sujet de criminologie...

(je me suis en effet décarcassé pour être diplômé de cette spécialité avec deux ans de travail parallèlement à la maîtrise et un beau parchemin... pour rien : dans la police, en France, ils s'en foutent ; je vous raconterai une autre fois)

-Non, je vais utiliser le subterfuge d'une fausse séance de l'Assemblée Nationale avec débat sur ce sujet.



BUG IDENTITAIRE

Première séance du mercredi 29 juin 2013
242e séance de la session ordinaire 2013-2014


PRÉSIDENCE DE M. LADEPOUILLE Gaston

M. le président :
La séance est ouverte.
(La séance est ouverte à quinze heures.)
1
SOUHAITS DE BIENVENUE
A UNE DÉLÉGATION PARLEMENTAIRE ÉTRANGÈRE

M. le président :
Mes chers collègues, je suis heureux de souhaiter, en votre nom, la bienvenue à une délégation de la chambre des députés de la République Mooniste du SIAMEL, conduite par son président, M. Astrabal IJIDIRKURITSCUV.
(Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent et applaudissent.)

2
QUESTIONS AU GOUVERNEMENT

M. le président.
L'ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.
Nous commencerons par une question du Groupe de Sauvegarde Nationale.



M. le président :

La parole est à M. Augustin Biscoteau, pour le Groupe de Sauvegarde Nationale.
M. Augustin Biscoteau :
Monsieur le Premier ministre, une commission d'enquête sur l’identité nationale a été mise en place alors que vous étiez ministre de l'intérieur, des cultes, des sectes autorisées et des minorités. Présidant cette commission, je ne souhaitais pas m'exprimer avant la fin de ses travaux. Mais le rapporteur général du budget s'est permis de faire hier des déclarations d'une démagogie inacceptable. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour la Majorité qui a Gagné - Applaudissements sur plusieurs bancs du Groupe de Sauvegarde Nationale.)
Au mépris de la vérité des travaux de cette commission, il a affirmé que les mesures que nous allions proposer seraient ruineuses pour les finances publiques. (« C'est vrai ! » sur les bancs du groupe de l'Union pour la Majorité qui a Gagné.)
M. Augustin Biscoteau :
Si on me laisse parler normalement, (Rires) je vais tenter chers collègues de vous expliquer où nous en sommes exactement pour pouvoir mieux demander à Monsieur le Premier Ministre si son Gouvernement possède une réelle volonté de légiférer en la matière ou si nous travaillons pour rien !
Je précise que la mise en place de cette commission correspond à une préoccupation de notre groupe qui estime que l’individualisation de chaque citoyen devient quasi impossible du fait des derniers progrès des industries de l’apparence. Je citerai notamment le procédé de la mue ou Pygmalion de Rhône-Poulenc Gauthier.
M. le Président :
Pas de réclame de marques s’il vous plaît.
M. Augustin Biscoteau :
Ce procédé, je le rappelle, est issu des recherches les plus pointues dans les domaines des matériaux synthétiques, des tissus d’habillement comme des prothèses médicales et de l’expérience acquise en matière d’effets spéciaux ; il permet en effet de doter tout un chacun d’une peau nouvelle et complète que l’on revêt pardessus sa peau naturelle. C’est plus qu’une peau d’ailleurs, car, par endroits, il y a de la matière en quantité.
Un logiciel introduit dans l’ordinateur propose à partir des mensurations de la personne en trois D un assortiment d’apparences physiques rectifiées et calcule point par point le volume de matière synthétique qu’il faudra créer pour atteindre les nouvelles cotes. Ainsi on peut ressembler sans effort à Alain DELON ou Louis XIV si les mesures corporelles de départ le permettent. Les données ainsi calculées sont transmises à une machine matricielle qui se charge de fabriquer par injection plastique l’objet attendu appelé « mue ».
L’individu abonné obtient ainsi une enveloppe complète de matière synthétique exactement adaptée à sa structure avec simili cheveux et poils ; il n’a plus qu’à l’enfiler, ce qui n’est guère plus difficile que de revêtir une combinaison de plongée. Cet emballage améliore son volume personnel pour lui faire atteindre celui, idéal, d’un individu type… je n’ai pas dit « typé » Monsieur Bardaillan (Rires.) Le problème c’est qu’à la vue on ne reconnaît que la variante fabriquée par la machine avec des traits préétablis et plus du tout l’individu qui porte la mue.
S’il est vrai que peu de personnes s’offrent pour le moment ce genre de prestation, celles qui en bénéficient peuvent changer d’apparence tous les jours si elles le souhaitent, circuler avec des papiers portant une photo et des mentions de caractéristiques physiques ne correspondant plus à rien. Elles ne risquent pas non plus de laisser des empreintes digitales ni, très probablement, de traces d’ADN. Ces individus ont aussi possibilité de se faire passer pour d’autres : je vous renvoie aux expérimentations et aux articles de presse correspondants.
M. Vivien Descluat :
Cela peut être utile ou agréable ! (Rires)
M. Augustin Biscoteau :
Je concède volontiers que la chose est parfois cocasse mais je ne sous-estimerai pas la représentation nationale au point de croire qu’elle n’a retenu que cet aspect de la situation. Nos travaux ont en effet largement démontré qu’il y a ici, et encore une fois s’agissant d’un progrès humain, ouverture à la meilleure ou la pire des utilisations.
M. Vivien Descluat :
La meilleure, la meilleure !
M. Augustin Biscoteau :
Pas pour vous Monsieur Descluat : il faut maigrir d’abord sinon l’ordinateur ne pourra pas vous calculer une enveloppe, il ne rajoute que de la matière, et encore, à l’extérieur… il ne peut combler ce qui manque dans certaines cavités sommitales ! (Rires)
M. le Président :
S’il vous plaît revenons à la question.
M. Augustin Biscoteau :

Bien Monsieur le Président, je ne demande que çà. Je disais que la mue ne possède ni empreintes, ni poils, ni cheveux différenciés, qu’elle ne peut laisser que peu de traces quand on sait qu’elle est lisse comme un gan et que la transpiration même est inhibée et stockée par les micro capsules assurant le confort de contact. Ne parlons pas du visage modifiable pratiquement à l’infini… il reste seulement la taille et la gestuelle de l’individu… c’est bien peu pour une identification.
M. Vivien Descluat :
Oui, mais on peut l’identifier en tant que porteur d’une mue l’Oréal-Gauthier, excusez-moi Monsieur le Président, et en déduire que c’est probablement un habitant du XVI ième ou du Marais.
M. Augustin Biscoteau :
Pour illustrer l’efficacité de l’effet masque de la mue je vous rappelle qu’une émission de télévision de K-NUM-TV a montré qu’une jeune femme pouvait s’être trompée de quarante ans sur l’âge de son flirt de dancing et que ce dernier, un vieillard vêtu non d’une peau d’âne mais d’une mue Pygmalion, avait pu la ramener chez lui le soir même !
M. Jean-Paul Limancho :
Oui mais ils ont arrêté là la démonstration… est-ce que la suite était assurée en l’état actuel du progrès ? (Rires sur tous les bancs - sonnerie du Président) :
M. Augustin Biscoteau :

Si vous voulez dire que sur un lieu de crime par exemple, un fragment de matière se synthèse ou un simili cheveux ou poil ayant été recueilli, on puisse remonter jusqu’à l’individu, c’est « nejguë », comme disent nos amis siameliens, que je salue encore une fois. Tout au plus on saura que c’est une enveloppe Pygmalion qui était sur les lieux, point final.

La firme ne pourra pas donner d’autres éléments non plus. Bientôt les prix vont baisser et il y aura plusieurs fabricants avec plusieurs modèles. Surtout les individus pourront, de leur côté et à tout moment, acquérir de particulier à particulier ou se prêter les logiciels, les injecteurs et matrices, les substances utilisées. Aucune traçabilité n’est prévue a priori…Vous ne riez plus chers collègues ? Nous, au Groupe de Sauvegarde Nationale, on ne rie plus depuis longtemps.

Comment la société peut se défendre, connaître ceux qui l’agressent quand on a multiplié les règles interdisant d’identifier les individus. Est-ce que le grand public sait qu’on ne peut demander à tout moment et en tous lieux à une personne de justifier son identité ? …

La société s’interdit de connaître qui fait quoi sauf en certaines circonstances prévues par la loi : infraction venant de se commettre, recherche d’un individu ayant un signalement donné, opération policière ayant l’aval du procureur etc. En dehors de ces cas on ne peut plus exiger la justification de l’identité.

Ce coup de grâce a été donné après la disparition des fiches d’hôtel pour les voyageurs, après la suppression du carnet anthropologique pour les sans domicile fixe, les policiers ne peuvent plus compter sur le hasard des contrôles qui avait permis par le passé d’élucider tant d’affaires.

Si vous ajoutez à cela une loi imbécile qui permet à tout un chacun d’anéantir la continuité de son nom de famille dont il a hérité depuis des générations (les Delabranche disparaissent au profit des Bécassine si le dernier Delabranche (un certain Jocrisse) épouse une Bécassine et que le petit couple opte pour le patronyme Bécassine) (sifflets et bruits divers sur de nombreux bancs)

M. Augustin Biscoteau :

J’oubliais l’autocensure pratiquée par les forces de l’ordre qui n’osent plus interpeller un membre d’une minorité par peur de se voir accuser de sélectivité ou de racisme… vous obtenez ainsi une société dont les individus ne peuvent plus être individualisés au présent ni rattachés à un passé familial, ni considérés à un moment ou à un autre comme plus sensibles et donc plus sujets à des contrôles.

M. Vivien Descluat :

Nous allons pleurer : c’est de la démocratie musclée que vous voulez, hein Biscoteau !

M. Augustin Biscoteau :

Nous voulons tout simplement que chacun puisse être reconnu par les représentants de la loi et à tout moment, quel est le problème quand on n’a rien à se reprocher ? (Brouhaha)
M. le président :
Ne nous égarons pas ; Monsieur Biscoteau vous arrivez au bout de votre temps de parole.
M. Augustin Biscoteau :
Je terminerai en affirmant que ces quelques considérations montrent bien que le problème évoqué est grave et complexe, que si la commission que je préside n’a pas encore rendu son rapport c’est dans un souci d’envisager tous les aspects de la question particulière des mues et, au-delà de celle-ci, de refondre l’ensemble de la réglementation concernant le contrôle de l’identité des citoyens de ce pays… qu’il est donc inutile de faire pression sur nos travaux en organisant des fuites laissant entendre que les réformes proposées vont être antidémocratiques et dispendieuses… Ma question s’adresse donc à Monsieur le Premier Ministre : sommes-nous toujours soutenu dans notre action ou souhaite-t-on, en manipulant l’opinion, vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? Merci Monsieur le Président.
M. le président :
La parole est à Monsieur le Premier Ministre.
Monsieur le premier Ministre :
Messieurs les représentants, cher collègue. Il n’est pas du tout dans l’intention du gouvernement d’assassiner l’ours même s’il flotte un peu dans ses peaux… (Rires) ; on flotterait à moins.
Nous sommes tous conscients que ce dernier raffinement de l’art de l’apparence qu’est le procédé dit de la mue pose effectivement des problèmes nouveaux et peu évidents à résoudre et nous vous laisserons tout le temps nécessaire pour trouver la martingale qui pourra à la fois sauvegarder les libertés individuelles essentielles et individualiser assez les citoyens entre eux pour qu’ils puissent obtenir leurs droits et satisfaire à leurs devoirs sans fraude ni échappatoire.
Je ne pense pas cependant, à titre personnel, qu’il faille s’affoler et déboucher sur des interdictions : il n’est pas interdit de porter des gants et pourtant les cambrioleurs en mettent pour ne pas laisser d’empreintes derrière eux. Au-delà des aspects folkloriques qui ont été cités ici (Rires)
J’estime que le protocole Pygmalion comporte des avantages incontestables pour certaines personnes comme celles qui sont affligées de graves maladies de peau ou de cicatrices inesthétiques voire des ravages injustes de l’âge ! Pour le grand public comment s’opposer à cette tentation ?
On sait que beaucoup de nos contemporains consentent à dépenser des sommes considérables pour l’aspect de leur demeure, de leur véhicule, d’eux même… nombreux sont ceux qui ont investi déjà en chirurgie esthétique, voire en soins cosmétiques. Il ne faut pas leur refuser ce progrès autant en adéquation avec leur quête profonde, à nous simplement de le prendre en compte et de l’aménager pour qu’il permette l’identification comme il permet le bien-être !
Pour ce qui est des conclusions à attendre, sans déflorer les résultats de vos travaux Monsieur le président, je crois pouvoir révéler que la solution devrait ressembler à celle que nous avions choisie pour l’explosif et qui donne toute satisfaction : l’incorporation de poussières chimiques traçantes dans la matière même de fabrication ;
leur recueil même en quantités infinitésimales permettra de connaître la matrice de la mue, la date de fabrication de la mue et son propriétaire d’origine ; il faut encore réfléchir à une traçabilité impliquant les nouveaux acquéreurs et le porteur du moment.
Je suis personnellement favorable à l’obligation faite à un contrôlé de quitter sa mue dans certaines circonstances très particulières à déterminer comme les modalités d’exécution du contrôle.
En réponse à votre question, Monsieur Biscoteau, je tiens à vous assurer de la volonté politique du gouvernement d’aboutir à une solution intelligente et exhaustive pour que ces difficultés d’identification ne perdurent point.
Je propose donc de créer une sous-commission chargée d’examiner ce problème et d’y apporter solution, notre souci étant de disposer d’un instrument fiable pour les forces de police mais respectueux des libertés essentielles des citoyens : je compte donc là, plus que jamais, sur votre soutien éclairé. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la Majorité qui a Gagné)

Proposition adoptée …

-.-
Note du rédacteur :

Rassurez-vous c’est de la fiction, ces débats n’ont pas eu lieu : je les situe en 2013…
Ni Rhône-Poulenc ni Gauthier n’ont inventé Pygmalion, la mue qui tue le « tu ». (Pas mal)
Ils pourraient pourtant y arriver, je leur fais cadeau de l’idée et je suis persuadé qu’un jour ou l’autre cette fabrication existera : aussi me direz-vous on a le temps d’aviser !
Par ailleurs pour les explosifs rien n’a été réalisé non plus (petit commissaire j’avais proposé cette astuce : on ne m’a pas écouté…
et il y a toujours des explosifs qui disparaissent de dépôts pourtant administrativement en règle et qui sautent…sans que l’on sache d’où ils viennent,
(cela arrange bien du monde : les entreprises ou dépôts secondaires qui n’ont pas à rendre l’explosif inutilisé, les malfaisants qui trouvent sur le marché tout ce dont ils ont besoin.)









31/01/2009

le pain de la tempête...

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A plus de cent soixante dix kilomètres à l’heure sur mon bréchet la tempête est passée, il y a une semaine…


Quelques tuiles déplacées, sur mon toit, pas dans mon cerveau… lui, il y a un moment qu’il a des jours et des gouttières qui me permettent de percevoir plus large… et heureusement !


Le souffle est retombé, je fais le bilan !


Du vent, j’en ai vu de plus forts, pas de surprise…


Du courant, j’en ai manqué pas mal de fois à d’autres époques… la nouveauté c’est que maintenant son absence vous prive de tout, ou presque.


Vous aviez choisi le chauffage central au gaz ou au fioul pour être indépendant de fée électricité : vous avez tout faux vous allez vous cailler les…pieds car votre chaudière écolo (subventionnée par l’état) ne marche pas sans jus… (Contrôle électronique, pulseur) et vous apprendrez à un fumiste incrédule qu’autrefois le chauffage central n’avait pas besoin d’électrons (l’eau chaude montait toute seule et le circuit fonctionnait à la simple chaleur).


Vous aviez acheté un groupe électrogène : il mange de l’essence. Les pompes de la station service ne tournent pas, elles sont électriques et leur abri menace de s’envoler, il a été fabriqué light ! Je vais le prendre dans le réservoir de ma voiture, dites-vous : bansaï ! il est protégé des voleurs par une grille : demandez aux voleurs ou retournez la voiture au-dessus de votre bidon !


Du pain, pas question non plus, il est fabriqué par des fours électriques (les derniers fours pour la cuisson au feu de bois sont en partie électriques et la caisse du boutiquier, dites, avec quoi tourne-t-elle ?)…


Là, j’ai craqué, des repas sans pain, pas possible !


J’avais le moral à zéro m’attentant, résigné, à la longueur des jours sans pain (ce qui, heureuse région, n’existe pas en Corse… même en cas de tempête grâce au FLNC) quand j’avise une affiche sur notre mairie : « distribution de pain à 12 heures 30 ». Je ne bouge plus : on ne m’ôtera pas le pain de la bouche si près du but…


A 12 heures 15 j’étais doté de deux magnifiques baguettes de pain frais… ! Je manquais de tomber en pamoison, non d’hypoglycémie mais d’étonnement… ce pain de la tempête était gratuit ! Je vivais enfin de la charité publique !


Moi qui pensais mourir sans avoir jamais connu la solidarité nationale, sans avoir cotisé dix fois plus que ce qu’on me ristournait en de rares occasions (allocs pour trois enfants, sécu pour une ou deux petites grippes), moi qu’on a toujours pressuré pour le prétendu bien des autres au travers d’obscurs montages sur lesquels je n’ai jamais eu ni prise ni mot à dire… Moi à qui on a fait comprendre combien de fois que je perdais mon temps et celui d’utiles fonctionnaires à formuler des demandes qui ne pouvaient qu’être rejetées… j’étais devenu le pauvre intégral à qui on ne peut refuser le pain !


Merci tempête chérie, revient et vite ! Viens me donner du pain, de la reconnaissance, que dis-je, de l’amour ! Viens à nouveau orner le visage de mon courtier d’assurances de ce rictus qui humanise enfin ses joues engraissées par mes primes ! Viens stigmatiser à défaut de confondre ces techniciens du progrès qui nous fragilisent et nous contrôlent comme jamais !



Venez tempêtes, toutes les tempêtes, y compris, à défaut de l’aide de la nature, celles de citoyens tempêtant dans les rues comme jeudi dernier, venez secouer les grandes villes !


Le pain sera peut-être encore distribué !