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31/01/2009

le pain de la tempête...

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A plus de cent soixante dix kilomètres à l’heure sur mon bréchet la tempête est passée, il y a une semaine…


Quelques tuiles déplacées, sur mon toit, pas dans mon cerveau… lui, il y a un moment qu’il a des jours et des gouttières qui me permettent de percevoir plus large… et heureusement !


Le souffle est retombé, je fais le bilan !


Du vent, j’en ai vu de plus forts, pas de surprise…


Du courant, j’en ai manqué pas mal de fois à d’autres époques… la nouveauté c’est que maintenant son absence vous prive de tout, ou presque.


Vous aviez choisi le chauffage central au gaz ou au fioul pour être indépendant de fée électricité : vous avez tout faux vous allez vous cailler les…pieds car votre chaudière écolo (subventionnée par l’état) ne marche pas sans jus… (Contrôle électronique, pulseur) et vous apprendrez à un fumiste incrédule qu’autrefois le chauffage central n’avait pas besoin d’électrons (l’eau chaude montait toute seule et le circuit fonctionnait à la simple chaleur).


Vous aviez acheté un groupe électrogène : il mange de l’essence. Les pompes de la station service ne tournent pas, elles sont électriques et leur abri menace de s’envoler, il a été fabriqué light ! Je vais le prendre dans le réservoir de ma voiture, dites-vous : bansaï ! il est protégé des voleurs par une grille : demandez aux voleurs ou retournez la voiture au-dessus de votre bidon !


Du pain, pas question non plus, il est fabriqué par des fours électriques (les derniers fours pour la cuisson au feu de bois sont en partie électriques et la caisse du boutiquier, dites, avec quoi tourne-t-elle ?)…


Là, j’ai craqué, des repas sans pain, pas possible !


J’avais le moral à zéro m’attentant, résigné, à la longueur des jours sans pain (ce qui, heureuse région, n’existe pas en Corse… même en cas de tempête grâce au FLNC) quand j’avise une affiche sur notre mairie : « distribution de pain à 12 heures 30 ». Je ne bouge plus : on ne m’ôtera pas le pain de la bouche si près du but…


A 12 heures 15 j’étais doté de deux magnifiques baguettes de pain frais… ! Je manquais de tomber en pamoison, non d’hypoglycémie mais d’étonnement… ce pain de la tempête était gratuit ! Je vivais enfin de la charité publique !


Moi qui pensais mourir sans avoir jamais connu la solidarité nationale, sans avoir cotisé dix fois plus que ce qu’on me ristournait en de rares occasions (allocs pour trois enfants, sécu pour une ou deux petites grippes), moi qu’on a toujours pressuré pour le prétendu bien des autres au travers d’obscurs montages sur lesquels je n’ai jamais eu ni prise ni mot à dire… Moi à qui on a fait comprendre combien de fois que je perdais mon temps et celui d’utiles fonctionnaires à formuler des demandes qui ne pouvaient qu’être rejetées… j’étais devenu le pauvre intégral à qui on ne peut refuser le pain !


Merci tempête chérie, revient et vite ! Viens me donner du pain, de la reconnaissance, que dis-je, de l’amour ! Viens à nouveau orner le visage de mon courtier d’assurances de ce rictus qui humanise enfin ses joues engraissées par mes primes ! Viens stigmatiser à défaut de confondre ces techniciens du progrès qui nous fragilisent et nous contrôlent comme jamais !



Venez tempêtes, toutes les tempêtes, y compris, à défaut de l’aide de la nature, celles de citoyens tempêtant dans les rues comme jeudi dernier, venez secouer les grandes villes !


Le pain sera peut-être encore distribué !